BANDI SA : « La réalisation d’un bilan carbone est une démarche à la portée de toutes les PME »

BANDI SA : « La réalisation d’un bilan carbone est une démarche à la portée de toutes les PME »

Pour ce dernier billet de notre série sur le bilan carbone des PME, l’entreprise Bandi SA revient sur son expérience de sa toute première analyse d’émissions de CO2. Bandi SA est une participation de la Fondation Renaissance PME acquise en 2015 dans le cadre de la succession de M. Yves Bandi, fils du fondateur.

Comment s’est déroulée la récolte des données et quelles ont été les réactions après la prise de connaissance du bilan carbone ? Retrouvez ci-après le témoignage de Bandi SA, entreprise spécialisée dans le décolletage, qui fabrique des composants de haute qualité́ destinés principalement au secteur horloger. Basée à Courtételle, dans le canton du Jura, Bandi SA a été fondée en 1974.

Avec le soutien de Renaissance et du bureau spécialisé maneco SA, Bandi SA a réalisé son premier bilan carbone pour l’année 2021, une suite logique après avoir déjà conclu un partenariat avec ACT, l’agence cleantech suisse, accentuant ainsi la volonté de l’entreprise à réduire son impact sur l’environnement. « Aujourd’hui, les entreprises ne peuvent plus y échapper. Nos clients sont de plus en plus sensibles à ce type de démarches, ils nous demandent d’ailleurs parfois un audit à ce sujet, avec en parallèle, un contexte législatif cantonal auquel les entreprises sont soumises en matière d’analyse énergétique. Ces trois dernières années, nous avons envisagé de nous équiper de panneaux photovoltaïques et avons également déjà travaillé sur la récupération de la chaleur et sur le système de ventilation pour réaliser des économies d’énergie », explique Paul-André Tendon, CEO de Bandi SA, déjà fortement sensibilisé aux démarches environnementales.

Récolte des données sur le terrain

Pour Bandi SA, la récolte des données a été une étape plutôt rapide et aisée. « Nous avons accueilli sur place la Fondation Renaissance et le bureau maneco pour une demi- journée. Après une présentation et visite de l’entreprise, nous avons préparé les factures, les relevés et les autres documents afin de pouvoir fournir les données nécessaires au calcul de nos émissions. Les données les plus complexes à récolter ont été celles liées au kilométrage de chaque collaborateur entre leur domicile et l’entreprise », explique Corinne Charmillot, Responsable RH & Administration de Bandi SA. Le temps et l’effectif nécessaires pour la récolte de ces données dépend bien entendu de la taille de l’entreprise. Dans le cas de Bandi SA, il s’agit d’une PME d’une soixantaine de collaborateurs.

Réaction suite aux résultats : une réelle prise de conscience

Les résultats du bilan carbone sont des informations attendues des entrepreneurs. Il est courant que d’importantes parts d’émissions de CO2 se retrouvent là où on ne les attendait pas. Pour Paul-André Tendon, il s’agit d’une réelle prise de conscience quant à la chaine totale de valeur : « Nous avions effectivement toujours pensé que les émissions étaient liées à l’activité de l’entreprise sur site, sans que se pose automatiquement la question de la chaine d’approvisionnement, du transport de marchandises ou des déplacements des collaborateurs. Nous avons été impressionnés de savoir que le transport de marchandises, par exemple, représentait une partie significative de notre bilan carbone. Dans le cas de l’activité de Bandi SA, qui utilise environ 150 machines tournant 24/24h, nous avions imaginé la production comme une part majoritaire de notre bilan carbone, mais cela n’a pas été le cas. »

Mise en œuvre des mesures d’amélioration

Parmi les recommandations d’améliorations, en plus de l’installation prévue des panneaux photovoltaïques, figure l’étude de la possibilité́ d’opter pour des modes de livraison (amont/aval) alternatifs. « Les résultats nous poussent à nous questionner sur ce que nous pourrions mettre en place concrètement pour diminuer les émissions engendrées par le transport des marchandises. Une piste possible est le regroupement des livraisons. Nous pourrions également entrevoir de collaborer avec un transporteur écologique qui utilisent des véhicules électriques », explique Paul-André Tendon.

Quant aux déplacements des collaborateurs, l’idée pourrait être de promouvoir un plan de mobilité́ orienté sur les transports en commun, la mobilité́ douce et le co-voiturage.

« Avec ce bilan carbone, nous avons été sensibilisés aux postes à fortes émissions de CO2. Nous savons dès lors où agir pour les réduire, petit à petit et intégrer de nouveaux réflexes au sein de l’entreprise. »

Communication des résultats : une étape essentielle

Si dans un premier temps ce sont les cadres de l’entreprise qui ont été mis au courant de la démarche, les résultats du bilan carbone de l’entreprise vont être communiqués plus largement. « Nous allons informer nos collaborateurs sur ces résultats et communiquer auprès de nos clients. Pour certains, cette démarche était très attendue. »

D’entrepreneur à entrepreneurs : le conseil de Paul-André Tendon

« J’aimerais rassurer les entrepreneurs sur le fait que réaliser un bilan carbone est à la portée de toutes les PME. Les ressources à y consacrer, qu’il s’agisse de ressources humaines ou de temps, sont tout à fait abordables pour une PME de notre taille. Bien sûr, il est essentiel d’être bien accompagné par un bureau spécialisé tel que maneco SA. »